L’impression 3D

L’impression 3D : vraie ou fausse bonne idée pour l’optique ?

Prometteuse en termes de design et d’ultra-personnalisation, l’impression 3D ou fabrication additive
apparaît comme un nouvel Eldorado que l’industrie lunetière commence à explorer avec sérieux.
Focus sur une technologie d’avenir déjà mise au présent…

La filière optique connaît de profondes mutations et pourrait bien compter sur un nouvel intervenant : l’impression 3D.

Apparue il y a une trentaine d’années comme nous vous l’indiquions dans notre numéro de septembre (Bien Vu n°214, P16-17), la fabrication «additive» (ainsi baptisée en référence à la méthode de production par empilement de couches de matières) rencontre un bruyant succès depuis près de cinq ans, sous l’appellation plus vendeuse d’«impression 3D». En optique, la fabrication additive offre aux designers, notamment, toute une palette de possibilités en termes de design et de forme. Les premières tentatives ont d’ailleurs déjà fleuri ici et là, à l’instar de Mykita avec sa collection Mylon ou encore Hoet et sa collection Hoet Couture en titane conçue par impression laser 3D… Mais que peut-on réellement attendre de l’impression 3D dans notre filière ?

Lunettes impression 3D

© Droits réservés

Pratique pour les prototypes

Vers une industrialisation en optique
Les projets de lunettes imprimées en 3D en cours

 


 

Les matières premières
Il existe une multitude de possibilités, en fonction du type d’imprimante employée et de l’objet à créer. Il y a en fait deux grandes familles de matières premières : les plastiques et les métaux. A quoi il faut désormais ajouter les céramiques (silice, alumine, alumide, plâtre…) et les matières organiques (cires calcinables, tissus et cellules).

  • Parmi les plastiques utilisés, trois sont dominants : le PLA, l’ABS et le PVA qui sont tous des polymères et des thermoplastiques devenant mous et malléables lorsqu’ils sont chauffés et qui reviennent à un état solide en refroidissant. Un dernier polymère connait un franc succès : le polyamide. La poudre de polyamide sert dans l’impression de prototypes en plastique blanc par frittage laser. Elle offre un grand niveau de détail et donne aux pièces un aspect sableux, granuleux et légèrement poreux.
  • Parmi les métaux, l’acier, le titane, l’argent massif tout comme d’autres matériaux précieux (l’or ou le platine) peuvent être utilisés en fabrication additive grâce à une machine réalisant un «Frittage Sélectif par Laser» (SLS). Le rendu est parfait, la solidité excellente, mais le procédé demeure long et coûteux.
  • Enfin les résines peuvent être thermoplastiques ou thermodurcissables (polymérisation) et constituent le matériau de base de plusieurs techniques comme la stéréolithographie (SLA) et le PolyJet. La résine est un polymère liquide photosensible. L’impression avec ce matériau consiste donc en un dépôt successif de couches immédiatement solidifiées par lumière UV. De part la qualité du rendu, les résines servent surtout à produire des prototypes.
Lunettes Hoet

© Hoet Couture

Marché de l’impression 3D : 8 milliards d’euros en 2024

En chiffres, le marché de produits et services d’impression 3D au niveau mondial a été multiplié par deux en quelques années, passant de 809 millions d’euros en 2007 à 1,62 milliards l’an passé (source : Cabinet Wohlers Associates). Il pourrait atteindre jusqu’à 8 milliards d’euros d’ici dix ans.
Cette croissance de plus de 20% par an s’explique principalement par deux phénomènes : la baisse de prix des imprimantes (autour de 2 000 euros pour une version «low cost» grand public) d’une part, et d’autre part, la progression technique des imprimantes professionnelles.

Source : www.mesnouvelleslunettes.fr